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09/12/2007

Tunisie : Budget économique 2008 : les grandes lignes

Tunisie : Budget économique 2008 : les grandes lignes

The Adviser Mag – Tunisie - Par Abou Sarra

          

Le budget économique pour l’exercice 2008 prévoit un taux de croissance de 6,1% contre 6,3% prévus en 2007 et un accroissement du revenu par tête d’habitant de 4389 dinars actuellement à 4702,7 dinars en 2008.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement table, au plan sectoriel, sur une augmentation de 3,5% du taux de la valeur ajoutée de l’agriculture, particulièrement, sur une production céréalière de 18 millions de tonnes et oléicole de 200 mille tonnes d’huile d’olive (équivalent de 1 million de tonnes d’olives) et sur une croissance de la valeur ajoutée des industries manufacturières au taux de 5,1% contre 4,9% prévus par le plan et 6,4% en 2007.

Des pointes sont attendues de la part de certaines filières telles que les industries mécaniques et électriques (+9%). Le textile sera, par contre, moins performant avec un taux de croissance projeté de 3% contre 6% en 2007. Idem pour les industries non manufacturières qui évolueront à un rythme moins élevé (+5%) contre 8,5% en 2007.

Ces projections tiennent compte de l’entrée en production de nouveaux gisements (celui d’Ouedhna) et de l’accroissement de la production des gisements d’Adam et de Chourouk.

Les services évolueront au taux de 8,3%, ce qui permettra de porter la part de ce secteur dans la croissance à 55,1% contre 52,6% en 2007.

Les secteurs qui se distingueront ont pour nom le transport (+5,7%) et le tourisme -hôtellerie et restauration- (+5%).

Le dynamique secteur des télécoms accusera un léger recul (+17,5%) contre 20% en 2007.

S’agissant des sources de croissance, le budget économique table sur le renforcement de la contribution de la demande intérieure qui croîtra de 5,9 % contre 5,3% en 2007. Cette performance sera assurée par la contribution substantielle attendue de l’investissement dans la croissance qui croîtra de 1,8 point contre 0,7 en 2007. Les exportations seront moins performantes. Elles ne contribueront à la croissance que dans la limite de 6,6% contre 8,5% en 2007.

Par les chiffres, le budget programme une enveloppe d’investissement de 11537 millions de dinars contre 10 000 MDT, représentant 23,8% du Pib contre 23,6% en 2007. La part du privé dans le total des investissements sera portée en 2008 à 60% contre 57% en 2007.

L’investissement direct étranger (IDE) est estimé, pour l’exercice 2008, à 1800 millions de dinars contre 1500 millions de dinars prévus par le XIème plan. Cet accroissement s’explique par l’augmentation des placements dans le secteur de l’énergie et des mégaprojets (Aéroport Enfidha, raffinerie Skhira, câbleries off shore allemandes à Siliana, Le Kef et Béja, Câblerie Sud coréenne off shore à Kairouan), outre les méga projets exceptionnels : la réalisation par Sama Dubai de toute une ville sur les berges sud du lac de Tunis, le complexe sportif sur les berges nord du lac de Tunis, autant de projets qui ne manqueront pas d’accroître le flux des IDE en Tunisie.

Au nombre de ces projets figurent, également, la réalisation du pont de Radès La Goulette , le terminal pour bateaux de croisière, la construction d’échangeurs, de tronçons autoroutiers et d’ouvrages hydrauliques.

Dans le secteur agricole et de la pêche, un investissement global d’un milliard de dinars est programmé. Une attention particulière sera accordée à la mobilisation de ressources en eau, à la conservation des eaux et du sol (CES), au développement forestier, à la création de 435 hectares de nouveaux périmètres irrigués et à la mise en valeur de 6200 hectares d’anciens périmètres.

Les industries manufacturières accapareront 1429 millions de dinars, et réaliseront un montant d’investissements de 1912 millions de dinars.

Deux projets méritent d’être signalés. La poursuite du gisement de gaz Hasdrubal (Sfax) et le démarrage de réalisation de la centrale électrique à cycle combiné de Ghannouch (Gabès) pour un investissement de 80 millions de dinars, portant le montant global dans la branche électricité à 450 millions de dinars.

Au rayon des fondamentaux, le déficit commercial sera maintenu dans la limite de 2,3% du PIB contre 2,4% en 2007, le déficit courant dans la proportion de 2,2%, soit le même taux qu’en 2007, le taux d’endettement extérieur (42,4% du revenu disponible) contre 45,2% en 2007, le taux d’inflation (3%), l’épargne augmentera légèrement pour passer de 22,5% à 22,8%.

Le budget économique accorde une attention particulière à l’emploi, notamment le travail indépendant et à l’emploi des diplômés du supérieur. Il prévoit la création de 80,7 mille emplois contre 80 mille en 2007.

Débats budgétaires : Les médias sous informés  The Adviser Mag –Tunisie - Par Abou SARRA

Les départements ministériels, qui gèrent les trois volets du budget : budget général de l’Etat, budget économique et loi de finances, considèrent, jusqu’en 2007, les documents budgétaires comme des documents «ultra – confidentiels». Pourtant, de mémoire de journaliste, je n’ai jamais vu ces documents changer d’un iota depuis leur élaboration, au début de l’année, jusqu’à leur adoption en fin d’année. Saga d’un comportement administratif anachronique.

En Tunisie, les débats budgétaires sont pilotés selon un rite bien déterminé. Le budget de l’Etat est adopté, au moins deux mois à l’avance, par un conseil ministériel présidé par le président de la République.

Les documents du budget sont remis, par la suite, dans la discrétion la plus totale, aux députés et sénateurs pour information, examen et discussion.

Ils sont, ensuite, examinés par les commissions du Parlement avec ces deux chambres : la Chambre des députés et la Chambre des conseillers (sénat). Les communiqués, fort positifs, publiés par le Parlement, au sujet des travaux des commissions, ne reflètent en rien, selon les députés, la qualité du débat.

Vient ensuite, véritablement, le marathon budgétaire.

Sur instructions du chef de l’Etat, le Premier ministre présente à la Chambre des députés la déclaration du gouvernement. Cette déclaration est le fruit de contributions écrites de l’ensemble des départements ministériels. Il s’agit de véritables rapports qui évaluent l’activité de chaque ministère, relèvent les difficultés et défis rencontrés et balisent les perspectives de développement du secteur qu’ils gèrent.

Cette déclaration est débattue en séance plénière. Le débat est suivi d’une réponse du Premier ministre.

Les ministres le relaient pour répondre, à leur tour, aux critiques des députés que la presse officielle appelle chastement «demandes d’éclairages». Tout le monde est beau, tout le monde est gentil dans ses sphères.

Le débat est couronné par la discussion et l’adoption de la loi de finances.

Avec le sénat, le même scénario se répète exactement de la même manière :

Déclaration du gouvernement : débat - réponse du Premier ministre - discussion du budget par département – réponse des ministres - discussion et adoption de la loi de finances. Fin des débats.

Aujourd’hui en 2007, à 72 heures de l’adoption du budget 2008, les médias ne disposent pas encore de la loi de finances. Elle circule, ces jours-ci, sous les manteaux comme un vulgaire tract.

Le contenu de ce document est souvent hermétique, voire rebutant. Un chef-d’œuvre de littérature inaccessible au commun des mortels. La preuve : ses auteurs passent une année pour le rédiger et l’année d’après pour l’expliquer. Seuls des initiés : commissaires aux comptes, fiscalistes et comptables rodés peuvent en déchiffrer le contenu.

Dans d’autres cieux, ce document est, pourtant, banalisé à l’extrême. Il est remis aux médias deux mois avant les débats budgétaires.

En Allemagne, les députés en débattent avec leurs électeurs sur le net. Les ministres des Finances tiennent partout dans le monde des conférences de presse pour en vulgariser les dispositions avant son adoption. Pour preuve, en Mauritanie, par exemple, le journal «Horizons», quotidien édité par l’agence officielle mauritanienne, publie dans sa livraison du vendredi 23 novembre 2007 une conférence de presse du ministre des Finances consacrée à la loi de finances. Les Mauritaniens sont-ils devenus plus avancés que nous en matière de communication administrative ?

C’est pour dire simplement que partout dans le monde, l’administration moderne privilégie en débattre avec la presse, sauf en Tunisie.

Et pourtant, si on regarde de près cette loi, elle ne comporte pas de surprises. La plupart de ses mesures sont annoncées par le chef de l’Etat dans les discours qu’il prononce durant toute l’année. La question qui se pose dès lors est : Pourquoi tant de cachotteries fort préjudiciables aux journalistes qui, handicapés par l’incompréhension du texte le jour de son adoption, se trouvent décrédibilisés par un lectorat exigeant qui réclame de plus amples éclairages sur la politique budgétaire du prochain exercice.

Lorsqu’on lit dans la déclaration du gouvernement «les débats budgétaires constituent une opportunité pour appréhender les défis posés, et les impératifs qu'ils imposent dont notamment la mobilisation totale et la mise à contribution idoine de toutes les potentialité», il importe de dire clairement si les médias sont concernés ou non par la mobilisation de l’opinion publique.

Dans l’état actuel des choses, les journalistes sont assimilés à de simples procès verbalistes, voire de simples greffiers de justice qui doivent rendre compte de tout sans rien comprendre à tout. Et c’est un véritable drame, estimons-nous.

C’est peut être pour cette raison que les débats budgétaires se succèdent et se ressemblent.

A débattre. Source www.webmanagercenter.com

12:15 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0)

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