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25/12/2007

Constat d’échec pour le projet d’intégration maghrébine !

Constat d’échec pour le projet d’intégration maghrébine ! 

 

The Adviser Mag –Tunisie -      

par : Source : Etude du FMI 

Une conférence régionale de haut niveau sur le rôle du secteur privé dans le développement et l'intégration économiques, se tient les 28 et 29 novembre 2007, à Tunis. Plusieurs ministres maghrébins, gouverneurs des banques centrales maghrébines ainsi que des représentants d'entreprises financières internationales prennent part à cette conférence qui vise à approfondir la réflexion sur les stratégies à mettre en place en vue de créer un espace économique régional intégré et d'identifier les moyens à même de permettre au secteur privé de contribuer au développement des économies maghrébines.

Selon une étude réalisée pour le compte du FMI, une des parties organisatrices de cette conférence régionale, non ouverte aux médias, « dix-sept ans après, l’Union du Maghreb Arabe n’arrive toujours pas à réaliser l’intégration économique de ses pays membres. Le volume des échanges commerciaux entre les pays maghrébins illustre cette situation que connaît l’UMA. La moyenne des échanges intermaghrébins ne dépasse pas les 2% des échanges de l’ensemble des pays maghrébins. Ce volume reste très limité, comparé à celui de l’ensemble des échanges des pays de l’UMA avec l’Union européenne qui représente pas moins de 70% de leur commerce extérieur. Une étude réalisée par des chercheurs maghrébins fait ressortir que l’absence d’une stratégie de coopération à long terme, les différences entre les législations nationales, l’inexistence d’une intégration monétaire et le gel de la Banque maghrébine empêchent l’émergence d’une action économique commune».

Une quarantaine de résolutions et peu d’application !

 

Evoquant ensuite les pas franchis, en matière d’intégration, ou plutôt de tentatives d’intégration des pays de l’UMA, pourtant presque tous virtuellement unis dans un accord d’association avec l’Union Européenne, le document du FMI indique que «depuis le sommet de Marrakech, six sessions du conseil présidentiel ont eu lieu entre juillet 1990 et avril 1994. Durant cette période une quarantaine de résolutions et de conventions touchant tous les secteurs ont été préparées par des comités ministériels et d’experts : convention commerciale et tarifaire maghrébine, convention sur la mise sur pied d’une banque maghrébine d’investissement et du commerce extérieur, convention portant sur les échanges agricoles…

Toutes ces résolutions et conventions sont restées lettres mortes et aucune n’a reçu un début d’application. Bon nombre d’entre elles n’ont même pas été ratifiées jusqu’ a maintenant.

Sur le plan commercial, et dans la prospective de libéraliser complètement les échanges intra-maghrebins, l’UMA a adopté les règles du démantèlement des droits et des taxes d’effet équivalent, de la réduction progressive des barrières tarifaires et non tarifaires. De même le principe de la concurrence loyale entre les producteurs des pays membres a été affirmé et la politique du dumping et les subventions à l’exportation ont été condamnées.

Au niveau de la réglementation des investissements, les pays du Maghreb ont adopté des règles communes relatives à la garantie des investissements et à leur promotion. Il s’agit pour l’essentiel des règles admises internationalement en matière de non discrimination, d’égalité de traitement, de garantie des investissements…

Malgré l’ambition qui le sous-entend, le projet d’intégration Maghrébine est complètement bloqué. La dynamique unitaire initiée par l’UMA n’a guère résisté aux courants nationalistes et aux divergences politiques. Quinze ans après Marrakech, force est de constater qu’aucun progrès significatif n’a été réalisé dans le sens des objectifs de l’UMA. Comme disait feu Hassan II, le Maghreb est sur cale.

Sur la plan bilatéral, le cadre juridique des échanges maroco-tunisiens sont régis par l’accord de libre échange entré en vigueur le 16 Mars 1999, qui prévoit la mise en place d’une zone de libre échange entre les deux partenaires durant une période de transition s’achevant au plus tard le 31 décembre 2007. (Boussetta, 2000). D’autres conventions et accords existantes déjà complètent cet arsenal juridique : convention sur l’encouragement et la garantie des investissements (1994), accord de coopération technique (1998)…

Quant aux relations entre le Maroc et l’Algérie, les deux pays ont signé le 14 mars 1989 un accord commercial et tarifaire qui prévoit l’octroi par les deux parties des préférences tarifaires pour les produits originaires des deux pays. Cet accord mis en application normalement depuis le 6 février 1990 prévoit l’exemption des droits de douanes et taxes d’effets équivalents pour tous les produits échangés qui satisfont aux règles d’origine spécifiées dans l’accord. Enfin les échanges entre la Tunisie et l’Algérie sont régis par l’accord commercial de 1981 complété par celui de 1984.Celui prévoit la franchise des droits de douanes et taxes d’effets équivalents pour les produits originaires des deux pays et ayant un taux d’intégration minimal de 50 %.

En dépit de l’existence de cet important cadre juridique bilatéral et multilatéral, la coopération économique intra-régionale qui devrait favoriser un rapprochement politique et qui constitue la première étape vers l’instauration d’une zone de libre échange est très faible, voire insignifiante. En effet, les relations entre les Etats du Maghreb ne progressent guère et les échanges économiques sont figés à leur niveau le plus bas en ne représentant que 3% du volume total de leur commerce extérieur contre 70% avec l’Union Européenne. Les raisons de cet échec sont nombreuses avec des blocages d’ordre économique et d’autres d’ordre politique.

Hésitation et attentisme chez le privé !

Et le secteur privé dans tout cela ? «Jusqu’ici les attitudes sont imprégnées d’hésitations et d’attentisme. La majorité des entreprises maghrébines semblent subir la mondialisation et n’explorent pas les opportunités qui peuvent en découler notamment en matière d’expansion, d’investissement et de production hors frontières. Il est remarquable que dans la majorité des cas, nos interlocuteurs dans les 5 pays avaient exprimé leur disposition à étudier toute proposition d’alliance ou d’investissement qui leur serait avancée. Rares sont les entreprises (moins d’une sur 8) avait un plan pour une implantation trans-maghrébine », conclut l’étude commandée par le FMI. Source (www.africanmanager.com)

15:45 Publié dans economie | Lien permanent | Commentaires (0)

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