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06/01/2008

PARTENARIAT : L’AFRIQUE REMET L’UNION EUROPEENNE A SA PLACE

PARTENARIAT : L’AFRIQUE REMET L’UNION EUROPEENNE A SA PLACE  

The Advisor Mag – Portugal / paris - Anaïs Dubois

Le Premier ministre portugais José Socrates avait en effet appelé à un sommet d’un nouveau genre, qu’il a qualifié d’« historique » car les deux continents étaient enfin « sur un pied d’égalité ». Cette invitation n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Pendant deux jours, les Africains – Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l’Union africaine, en tête – n’ont pas épargné l’Union européenne. Au delà du bras de fer commerciale autour des APE, l’Afrique voulait se faire entendre au plan politique et établir elle-même « son propre agenda ».


PARTENARIAT : L’AFRIQUE REMET L’UNION EUROPEENNE A SA PLACE

The Advisor Mag – Portugal / paris - Anaïs Dubois

Le Premier ministre portugais José Socrates avait en effet appelé à un sommet d’un nouveau genre, qu’il a qualifié d’« historique » car les deux continents étaient enfin « sur un pied d’égalité ». Cette invitation n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Pendant deux jours, les Africains – Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l’Union africaine, en tête – n’ont pas épargné l’Union européenne. Au delà du bras de fer commerciale autour des APE, l’Afrique voulait se faire entendre au plan politique et établir elle-même « son propre agenda ».Le président de la commission de l'UA a d'abord annoncé qu'Africains comme Européens n'échapperaient pas à un travail de mémoire, sur la traite négrière et sur la colonisation, proposant de « tourner la page sans la déchirer ». Il a également rappelé l'absence injustifiée de l'Afrique au conseil de sécurité des Nations unies, appelant par la même occasion à une réforme des institutions de Bretton Woods qui prendrait en compte le continent.Mais le point le plus fort des interventions africaines lors de ce sommet fut de rappeler à l'Europe qu'elle n'était plus seule à convoiter l'espace africain, et que les pays du continent entendaient bien profiter de cette concurrence. « L'Afrique ne saurait être ni une chasse gardée, ni un nouveau territoire à conquérir » a lancé M. Konaré dès les premières minutes du sommet. En faisant, dans son discours d'introduction, la longue énumération des sommets, passés où à venir, avec d'autres partenaires, il a remis l'UE à sa place. Huit réunions ont eu lieu depuis deux ans avec des partenaires aussi divers que l'Amérique latine, les États-Unis, la Chine où le Japon. Et l'année 2008 s'annonce également riche en rencontres pour les Africains, avec la Russie , les pays arabes ou encore l'Iran. Enfin, M. Konaré a achevé la critique sur la politique de voisinage de l'Union européenne, baptisée « cinq plus cinq » comme l'association des cinq pays du Nord de l'Afrique et des cinq pays du Sud de l'Europe. Pour lui, « cinq plus cinq » ne font pas 32 (incluant seulement les pays européens), mais 83, incluant l'intégralité du continent africain.

Le président de la commission de l'UA a donc donné l'impulsion pour une salve de critiques qui aura duré tout le week-end. Le président  sénégalais Abdoulaye Wade, dont le pays attire investissements arabes et asiatiques, a souligné la « lourdeur de l'administration » européenne pour justifier que l'Afrique se tourne vers d'autres partenaires. Pour lui, « l'Europe a déjà perdu la bataille de la compétition. Ils [les partenaires asiatiques, ndlr] sont moins chers et plus rapides ». Face aux critiques, la réponse européenne a encore une fois été bien faible. Plutôt que de défendre leur politique d'aide et d'investissement, les Européens se sont contentés d'encaisser les coups. Évoquant la présence chinoise sur le continent, M. Sarkozy a déclaré aux journalistes que « ça n'a jamais été une gêne », ajoutant que « l'Europe ne répondra pas à elle toute seule aux problèmes de l'Afrique ». Même discours dans la bouche du président de la commission européenne M. Barroso lors de son allocution finale. Pourtant, en privé, les Européens sont agacés de ne pas voir satisfait leur désir de provoquer un choc en faveur d'une meilleure gouvernance. De ces deux jours de sommet est né un « nouveau partenariat » entre les deux continents, reposant sur huit thèmes principaux (dont la paix et la sécurité, l'environnement, l'immigration, le développement et le climat). Mais au delà du document adopté par les deux parties dans la déclaration de Lisbonne, c'est sûrement la force de la voix africaine qui pourra être qualifiée d'« historique ».

Source  (marches-tropicaux.com )

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